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Le Meunier Thomas         (Episode du premier Empire)








Napoléon  le grand  ayant vaincu le monde
  Apportait à la France une gerbe féconde
De lauriers, moissonnés sur des points si divers
Qu'il se croyait déjà maître de l'univers.
Un écueil arrêta sa marche  dominante
L'Anglais vint opposer une flotte puissante
Au  César  invaincu  du terrestre   élément
Alors, Napoléon posa résolument
Son talon sur l'Europe et dit : je fais la guerre
Au peuple qui sera l'ami de l'Angleterre
Cet homme de génie était un fier lutteur
Les rois coalisés ne lui faisaient pas peur
Mil huit cent douze alors au cadran de l'histoire
Marquait sa fière époque, et rayonnant de gloire
Bonaparte, ayant mis les états aux abois
Bonaparte, à l'Europe ayant dicté ses lois
Réunissait encor ses vaillantes recrues
Pour vaincre la Russie aux steppes inconnues
Il avait tout conquis, mais cet homme de fer
Ayant tout combattu, voulut vaincre l'hiver
L'Europe, qu'épuisait cinq lustres de batailles.
Sur la France rêvait d'horribles représailles:
Mais le colosse armé, toujours était debout
Et son œil fulgurant s'apercevant  de tout
II embrassait parfois presque deux hémisphères
Et de ces peuples nés pour se traiter en frères
II en faisait hélas  ! de la chair à canon
Mais chacun l'adorait  ; il avait un grand nom
Et ceux qu'il conduisait  de victoire en victoire
Lui donnaient tout leur sang pour imprimer sa gloire.
Quand il voulut partir dans les déserts glacés
II vit autour  de lui  ses  soldats  empressés
Qui lui dirent  : Marchons, l'étoile de la France
De  ceux  qui  reviendront  sera la récompense
Puis ils partirent tous, les petits et les grands
Les  jeunes   et les  vieux,   électrisés,   vibrants
Formant des bataillons, franchissant les collines
Et comme un seul guerrier, six cent mille poitrines
Poussèrent vaillamment  ce cri  toujours  vainqueur
Ce cri qui dominait tout   : Vive l'Empereur   !!!
Hélas ! il faut du pain quand on n'est pas Antée  
Et le grain n'était pas toujours à la portée
Bordeaux en regorgeait  ; Nantes n'en avait pas
On chargea des bateaux, trois cents, à couler bas.
Mais l'ennemi veillait  ; la flottille française
Fut atteinte bientôt par une escadre anglaise
Et les vaisseaux, craignant d'être coulés à pic
Traversèrent le goi s'enfuyant vers Pornic
Peu d'habitants restaient dans la cité bretonne
Dorant l'océan bleu, le  doux soleil  d'automne
Nous montra cet essaim se dirigeant vers nous
En rangs pressés et noirs comme un troupeau de loups
  Pour se réfugier  à l'abri  de nos  côtes
Hélas ! bien malgré nous, ils devenaient nos hôtes
Notre  port  s'emplissait,   s'emplissait,  s'emplissait,
L'aiguillon   du  danger les y réunissait.
Ils se suivaient l'un l'autre à grands coups  de pagaie
Leur   ennemi,   de suite   envoya   dans la   baie
Une  fine  corvette   et quelques  grands  canots
Bien équipés, armés  de nombreux matelots
Qui vinrent en ramant, essayer de détruire
Les vaisseaux par le feu. Tout ennemi veut nuire.
Les Pornicais surpris n'avaient qu'un seul canon
Les Anglais approchaient ; on dût tirer, sinon
C'en était fait de nous.  Sur la côte rocheuse
La population brave, mais anxieuse
Attendait haletante,  et la pâle terreur
Planait sur chaque  front   ;  entrait  dans  chaque  cœur.
Les coups, mal dirigés par une main fébrile
N'atteignaient pas le but ; les canots à la file
Avançaient, avançaient, se rendant vers le port
Dans l'espoir d'y porter l'incendie et la mort.
De minute en minute ils approchaient de terre
Là-bas, sur son rocher, le canon solitaire
Grondait et vomissait sa flamme et son obus
Autant de coups tirés, autant de coups perdus
Le commandant du fort voulut pointer lui-même
Mais il ne fit pas mieux ; un adroit stratagème
Appelé des marins, une brasse à culer
Arrêtait les canots ;  les faisant reculer
Les dérobant sans cesse au choc du projectile
Ils approchaient toujours, et la voix inutile
Du canon qui grondait comme un chien attaché
N'arrêtait pas l'Anglais, par sa proie alléché
Un  sombre   désespoir  sur nous  mettait  son  voile
De moment  en moment  pâlissait notre  étoile
Une rumeur se fit et du rang des soldats
II surgit un meunier qu'on appelait Thomas
Qui  dit au commandant   : j'ai vu.  laissez-moi faire
Et le canon  pointé rugit comme un tonnerre
Son boulet qui pourtant passait un peu trop haut
Réussit à couper le grand mât d'un canot
Et le hasard aidant, le coup fut bon en somme
Car le mât en tombant causa la mort d'un homme.
L'effet fut foudroyant  ;  les Anglais  affolés
S'enfuirent aussitôt, craignant d'être coulés.




Honneur donc à Thomas le meunier  ; que l'histoire
Tâche  de le garder au temple  de mémoire
Que Pornic  s'en souvienne,  et que  ses habitants
Disent ce nom cent fois à leurs petits-enfants.

Avril  1904

Antoine Gautier
poèmes sur Pornic 2. poèmes sur Pornic 4.

POEMES SUR PORNIC 3

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LES COUCHERS DE SOLEIL



Gemitus aegri.

Le voile d'Isis de la nature était devenu transparent pour lui; il comprenait enfin le printemps, la lune, I'aurore et le ciel étoilé.
Jean-Paul Ricthter, Titan, t. 1.


Quand j'ai vu le soleil se coucher sous les chênes,
La mer à l’orient assombrir ses flots bleus,
Les phares  s'allumer dans les îles lointaines,
Je regagne mon toit, calme et presque joyeux.

C’est une goutte d'eau sur ma lèvre brûlante,
Un éclair de plaisir dans mes longues douleurs,
Car celui qui n'a rien de bien peu se contente,
Et les fleurs du désert sont les plus douces fleurs.

Je souffre, et ma douleur est amére et profonde;
Mais tant d'autres meilleurs ont souffert avant moi,
Qui, courbés sous la croix, ont traversé le monde
Sans jamais, ô mon Dieu, vous demander pourquoi !


                             Pornic, 1863   JOSEPH ROUSSE





LA LANTERNE DES MORTS




Le vent pleurait ce soir dans la tour funéraire,

Où le cierge des morts s'allumait autrefois :

A l’écouter gémir, on eut dit une voix

Regrettant ce flambeau, symbole de prière,

Qui  veillait dans la nuit, au milieu des tombeaux,

Tandis que les vivants se livraient au repos.

Sur le toit de l'église où brillait la rosée

Les étoiles jetaient leurs vacillants rayons,


Et, flottant dans les airs, une brume irisée

Voilait la haute flèche et ses blancs clochetons.

Le bourg silencieux dormait au bruit des vagues.

Près du cloître désert passaient des formes vagues ,

Ombres des noirs cyprès balancés par le vent,

Qu'on eût prises de loin pour des bénédictines

Revenant dans la nuit visiter ces ruines,

Qui furent autrefois les murs de leur couvent.


Artistes et rêveurs, qui, penchés sur vos rêves,

Aimez à contempler, ainsi qu'en un miroir,

Les beaux siècles de foi que je voudrais revoir,

Venez dans ce vieux bourg, assis au bord des grèves ;

On peut y respirer les parfums du passé ;

Le souvenir des morts ne s'est point effacé :

Ils sont aimés toujours; mais demandez aux prêtres

Pourquoi l’on ne vient plus avec un soin pieux

Allumer dans la tour, oeuvre de nos ancêtres,

Le nocturne flambeau qui veillait auprès d'eux ?


Pâle cierge des morts, sur le vieux cimetière,

Fais briller de nouveau ta tremblante lumière :

Car chaque mère en deuil verrait avec amour,

Quand les ombres du soir ont remplacé le jour,

Le mystique flambeau qui veillerait pour elle

Sur ses enfants couchés au pied de la tourelle.




JOSEPH ROUSSE

Les Moutiers-en-Retz.



« La Lanterne des Morts, petite tour placée dans le cimetière des Moutiers, est peut-être le seul édifice de ce genre que l’on connaisse en Bretagne. » (Petite Géographie de la Loire-Inférieure, par

MM. Talbot et Guéraud.)

Petit poème sur

Les Moutiers