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POEMES SUR PORNIC 3

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LA LANTERNE DES MORTS




Le vent pleurait ce soir dans la tour funéraire,

Où le cierge des morts s'allumait autrefois :

A l’écouter gémir, on eut dit une voix

Regrettant ce flambeau, symbole de prière,

Qui  veillait dans la nuit, au milieu des tombeaux,

Tandis que les vivants se livraient au repos.

Sur le toit de l'église où brillait la rosée

Les étoiles jetaient leurs vacillants rayons,


Et, flottant dans les airs, une brume irisée

Voilait la haute flèche et ses blancs clochetons.

Le bourg silencieux dormait au bruit des vagues.

Près du cloître désert passaient des formes vagues ,

Ombres des noirs cyprès balancés par le vent,

Qu'on eût prises de loin pour des bénédictines

Revenant dans la nuit visiter ces ruines,

Qui furent autrefois les murs de leur couvent.


Artistes et rêveurs, qui, penchés sur vos rêves,

Aimez à contempler, ainsi qu'en un miroir,

Les beaux siècles de foi que je voudrais revoir,

Venez dans ce vieux bourg, assis au bord des grèves ;

On peut y respirer les parfums du passé ;

Le souvenir des morts ne s'est point effacé :

Ils sont aimés toujours; mais demandez aux prêtres

Pourquoi l’on ne vient plus avec un soin pieux

Allumer dans la tour, oeuvre de nos ancêtres,

Le nocturne flambeau qui veillait auprès d'eux ?


Pâle cierge des morts, sur le vieux cimetière,

Fais briller de nouveau ta tremblante lumière :

Car chaque mère en deuil verrait avec amour,

Quand les ombres du soir ont remplacé le jour,

Le mystique flambeau qui veillerait pour elle

Sur ses enfants couchés au pied de la tourelle.




JOSEPH ROUSSE

Les Moutiers-en-Retz.



« La Lanterne des Morts, petite tour placée dans le cimetière des Moutiers, est peut-être le seul édifice de ce genre que l’on connaisse en Bretagne. » (Petite Géographie de la Loire-Inférieure, par

MM. Talbot et Guéraud.)

Petit poème sur

Les Moutiers