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VI. -  Histoire.
   Dans les premiers temps historiques, la contrée de la France qui constitue aujourd'hui le département de la Loire-Inférieure était occupée par trois peuples gaulois : sur la rive droite, les Namnetes ou Nantais, et plus bas les Veneti ou Vannetais: sur la rive gauche, les Pictones ou Poitevins. Les Nantais avaient seuls leur capitale dans le pays : c'était la cité assez modeste de Condivicnum, située sur les hauteurs de Saint-Donatien, à l'extrémité nord-est de Nantes, et qui avait en aval un port appelé Portus Namnetum. Ces deux localités se réunirent après la conquête romaine pour former la ville actuelle. Les Pictons avaient près de la rive gauche une de leurs cités les plus floris­santes : Ratiafum, qui, détruite par les barbares du cinquième siècle ou par les Normands, a laissé son nom au pays de Retz et au village de Rezé, qui en occupe l'emplacement.

    Les Vénètes ou Vannetais, dont la capitale, Dariorigum ou Vannes, est le chef-lieu actuel du Morbihan, avaient près de l'embouchure de la Loire leur port principal, Corbilo, ville commerçante, qui, avant l'arrivée de César, était réputée la troisième de toute la Gaule. Selon les recherches les plus récentes, avant la conquête romaine, la partie de la rive droite du fleuve qui s'étend de Donges à la Pointe du Croisic était loin de présenter l'aspect qu'on lui voit aujourd'hui. Elle était découpée en archipel, et c'est dans ce groupe d'îles que se trouvaient trois ou quatre des ports gaulois les plus importants de l'Atlantique : Gronnona, voisin de Guérande et peut-être sur son emplacement; Brivates Portus, vers Saint-Lyphard, à droite de la route de Guérande à Herbignac, aujour­d'hui en plein continent sur le bord de la Grande-Brière ; Duo Corvi ou les Deux-Corbeaux, sur la rade du Croisic, vers Brandu, dont le nom breton a précisément la même significa­tion ; enfin Gorbilon, que les nombreuses découvertes d'objets préhistoriques, celtiques et romains effectuées pendant le creu­sement du bassin de Penhoët autorisent à placer à Saint-Nazaire, à moins qu'on n'aime mieux, avec quelques érudits, le retrouver plus à l'ouest, à Beslon. Ce port avait appartenu longtemps aux Phéniciens, qui sans doute en étaient les fonda­teurs.
   
 C'est dans le port de Corbilon et dans celui des Namnètes que, sur l'ordre de César, Crassus fit construire la flotte des­tinée à attaquer par mer les peuples du Cotentin et ceux du littoral de l'Armorique soulevés, contre le proconsul, l'an 56 avant l'ère chrétienne. Cette flotte, commandée par Brutus, le futur meurtrier de César, et soutenue par les vaisseaux que les Santons et les Pictons avaient été contraints de fournir, présenta le combat à la flotte vénète, forte de 220 navires. L'action, à laquelle assistaient, du haut d'une colline, César et ses trou­pes de terre, eut lieu à l'O. de Saint-Nazaire, en vue du Bourg-de-Batz ou du Croisic. Ce fut la plus grande bataille navale livrée durant l'antiquité sur l'Océan. Vaincus, les Venètes furent vendus comme esclaves, et leurs sénateurs massacrés.
       
  Une colonie de Namnètes habitait à cette époque le territoire du Bourg-de-Batz, qui était une île fameuse par les rites qui s'y célébraient en l'honneur du Bacchus gaulois. Cette île était habitée par des femmes exaltées qui venaient s'y livrer à toutes les pratiques d'une religion cruelle. « Ces femmes, dit le géographe Strabon, ne permettent à aucun homme de s'introduire au milieu d'elles. Une fois chaque année elles détruisent le toit de leur temple, qu'il leur faut rétablir le même jour. Si l'une d'elles, chargée des matériaux destinés à ce travail, a la maladresse de les laisser choir à terre, ses compagnes la saisissent, déchirent son corps et en promènent les lambeaux autour du temple, en poussant d'horribles cris de fureur. »

  Les édits de l'empereur Claude contre le druidisme et les premières prédications des missionnaires chrétiens ne parvin­rent pas à arracher au paganisme les populations du bassin inférieur de la Loire. Le premier évêque de Nantes, saint Clair, sur la fin du troisième siècle, opéra dans sa ville épiscopale quelques conversions qui furent scellées par le sang de deux jeunes martyrs, saint Donatien et saint Rogatien ; mais ces ger­mes de foi, qui avaient peu prospéré dans les campagnes, y furent étouffés par une invasion de Saxons qui vinrent s'établir le long de la rive droite de la Loire, en aval de Nantes, d'où le nom de littus Saxomcum (rivage Saxon) donné à cette région par les derniers auteurs latins.

 La presqu'île armoricaine échappait du reste au joug des empereurs romains, qui ne pouvaient la défendre et ne savaient qu'en apprécier les excellentes huitres. Vers 407 ou 408, sous le faible Honorius, elle se proclamait indépendante et gagnait à sa cause plusieurs villes du nord-ouest de la France, Angers, le Mans, Chartres et même Paris, qu'elle aida en 491 dans sa résistance contre Clovis. D'un autre côté, les Bretons insulaires (c'est-à-dire de la Grande-Bretagne) vinrent en grand nombre, à la suite des Saxons, s'établir dans le pays, dont ils devaient être bientôt les maîtres. Déjà, en 490, un de leurs chefs, Budic, fut mis à la tête de la confédération armoricaine et appelé par elle au secours de Nantes, qu'il délivra des Visigoths.

  Clovis, sur la fin de son règne, finit par s'emparer de Nan­tes, qu'il légua au roi de Paris Charibert. Clotaire fut appelé en Armorique, en 560, par la révolte de son fils Chramm, qui avait trouvé asile et assistance chez le duc des Bretons, Conobre ou Conan. Le protecteur et les protégés furent vaincus dans une sanglante rencontre, qui eut lieu près de Guérande. Le fils rebelle fut brûlé, avec toute sa famille, dans une cabane où il s'était réfugié, et le pays réduit en province franque. Clotaire confia l'administration du pays namnète, devenu le comté de Nantes, à l’évêque saint Félix, qui évangélisa avec succès les peuples encore à moitié païens de son diocèse et fit exécuter de grands travaux publics dans la ville de Nantes, qu'il dota d'une cathédrale magnifique. Ce prélat vertueux et éclairé mourut en 584. Son successeur maintint Nantes sous la domi­nation franque, mais les Bretons, un moment domptés, recou­vrèrent leur indépendance et étendirent leurs possessions jus­qu'à Saint-Nazaire, qu'occupait le comte de Vannes, Varoch, sur la fin du sixième siècle. Nantes elle-même, à la chute des Mérovingiens, était devenue à son tour une cité bretonne.

  Vaincue à trois reprises par Charlemagne, la Bretagne se releva sous ses successeurs. Dans un château ceint de palis­sades et de fossés, au nord-est de Guérande, habitait le célèbre Murmann ou Morvan, qui venait s'y reposer entre deux expé­ditions heureuses contre Louis le Débonnaire. Le héros breton finit par succomber dans une bataille, en 818, et la Bretagne reçut de l'empereur un duc, Nominoë. Le nouveau duc ne tarda pas à soustraire ses compatriotes au joug des Francs, et pour mieux affirmer sa complète indépendance, il prit le titre de roi, qu'il transmit paisiblement, en 851, à son fils Érispoë. Celui-ci réunit à la Bretagne le pays de Retz, en 852. Quant au comté de Nantes, la possession en fut vivement dis­putée, en 834, par Renault, comte d'Herbauge, ancien pays situé aux environs du lac de Grand-Lieu, et Lambert, qui vainquit son adversaire dans une sanglante bataille près de Blain, mais, ne pouvant obtenir de Charles le Chauve l'investiture du comté, appela dans sa capitale, les Normands, qui la ravagèrent (843). ! Subdivisé en plusieurs comtés après le meurtre de Salomon, roi des Bretons, assassiné en 874 par les comtes Pasquiten, comte de Vannes et de Nantes, et Gurvand, comte de Rennes, qui se partagèrent ses états, le royaume ou plutôt le duché de Bretagne (car ses chefs avaient dépouillé volontairement leur titre prétentieux) fut rétabli vers 938, par Alain Barbe-Torte, qui chassa les Normands de Nantes et des îles de la Loire. A sa mort, arrivée en 952, l'anarchie recommence, et la souveraineté de la Bretagne est disputée, les armes à la main, par les comtes de Nantes et de Rennes. C'est à cette époque qu'il faut faire remonter la rivalité qui règne encore entre les deux villes principales de la Bretagne.

   Vers la fin du dixième siècle, Guérech, comte et évêque de Nantes, attaqué par Conan, comte de Rennes, qui convoitait le duché de Bretagne et le comté Nantais, vainquit son agres­seur (982) à Conquereuil (Concruz ou Conquereux), entre Derval et Guéméné. Si, quelques années plus tard (990), Conan s'empara de Nantes et y bâtit une forteresse, il ne jouit pas longtemps de son triomphe ; attaqué par Foulques Nerra, comte d'Anjou (27 juin 992), près du même village de Conquereuil, il y fut défait et périt dans le combat.
Des famines, des pestes, des hivers rigoureux et des étés torrides signalent la première moitié du douzième siècle. Un tremblement de terre épouvantable se fait sentir dans toute la Bretagne en 1112.

   
Vers 1169, la Bretagne tombe sous la domination anglaise, qu'elle subit jusqu'au jour où Geoffroy II, parvenu à sa vingt et unième année, refuse l'hommage à son père Henri II (1181) Arthur Ier succède à Geoffroy, son père (1186); mais le roi d'Angleterre Jean Sans Terre s'empare d'abord de sa per­sonne, puis , l'assassine lui-même, à Rouen, dans la nuit du jeudi saint (3 avril 1203).

  Philippe Auguste, ayant confisqué toutes les possessions de Jean Sans Terre en France, donne la Bretagne à Pierre de Dreux, surnommé Mauclerc (mauvais clerc), son parent, à qui il fait épouser Alix, sœur du malheureux Arthur. Pierre de Dreux fit de Nantes la capitale de son duché. Il l'agrandit, la fortifia et la défendit avec succès contre le roi d'Angleterre Jean Sans Terre, qui l'y assiégea en 1214. Quelques années plus tard, en 1222, il affermit son pouvoir en remportant sur les Normands et les seigneurs coalisés la sanglante victoire de Châteaubriant.

   A la mort de Jean III, l'un de ses successeurs (1341), Jean de Montfort et Charles de Blois, comte de Penthièvre, qui tous deux prétendent au duché de Bretagne, commencent cette guerre de la succession de Bretagne, qui pendant vingt-trois années mit aux prises l'Angleterre et la France. Jean de Montfort est assiégé et pris dans Nantes (1341) ; mais sa femme, Jeanne, continue la guerre. En 1343, Olivier de Clisson, père du futur connétable, est convaincu d'avoir voulu livrer Nantes aux Anglais et condamné à avoir la tête tranchée. Enfin, après de longues luttes où se distinguent Bertrand du Guesclin et Olivier de Clisson, Charles de Blois est défait et tué à Auray (29 septembre 1364). Le premier traité de Guérande (1365) assure au vainqueur la possession du duché de Bre­tagne. Un nouveau traité, signé également à Guérande en 1381 entre Charles VI et Jean de Montfort, le fils, confirme à ce dernier la pleine possession de la Bretagne.
histoire L.I. 2.

HISTOIRE DE LA LOIRE INFERIEURE

Ecrite en 1891 1

histoire L.I. 2.

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