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Vieil article sur les échecs trouvé dans  LE MAGASIN PITTORESQUE,  une revue ancienne de 1834; l’article est scanné avec l’orthographe de l’époque.

ECHECS 1


RECHERCHES SUR LE JEU D'ECHECS, jeu d 'echecs dit de charlemagne.





L'invention du jeu d'échecs a été attribuée à plusieurs peuples et à plusieurs individus. Ceux qui, comme nous, ac­cordent aux Indiens l'honneur de sa découverte, et en fixent l'époque seulement au ve siècle de notre ère, adoptent aussi le récit suivant de l'auteur arabe, Al-Sephadi :

Schéram, roi d'une partie de l'Inde que l'historien ne dé­signe pas, gouvernait ses peuples d'une manière si folle , qu'en quelques années il réduisit son royaume à l'état le plus malheureux. Les Brahmines et les Rayas, lui ayant fait d'humbles remontrances, furent disgraciés en masse. Alors Sessa, fils de Daher, de !a caste des Brahmines, plus prudent que les autres, chercha un moyen de donner au roi une leçon qui ne pût le fâcher ; il fut assez heureux pour imaginer l'ingénieux jeu des échecs, où le roi, quoique la plus importante pièce , ne peut faire un pas sans le secours de ses sujets, les pions.


Dans l'Orient, berceau de l'apologue, un conseil donné de cette manière devait plaire ; le nouveau jeu amusa le roi, qui promit à Sessa de réformer sa conduite et de changer son système de gouvernement; bien plus, voulant rémuné­rer dignement l'homme qui avait su lui créer un plaisir de plus, il permit au Brahmine philosophe de désigner la récom­pense qui lui conviendrait, le mieux. Sessa, voulant donner à son souverain une leçon de prudence, demanda un grain de blé par chaque case de l'échiquier, en doublant toujours depuis 1 jusqu'à 64; cette demande, qui parut plus que mo­deste, fut accordée, et le roi ordonna à ses trésoriers de faire ce calcul ; mais on ne fut pas peu étonné lorsque l'on sut que le nombre de grains se montait à 87  076 425 546 692 656, et que pour être en état de donner cette énorme quantité de blé, il aurait fallu que le roi possédât 16,584 villes, ayant chacune 1024 greniers, dans chacun desquels il y aurait 174,762 mesures, et dans chaque mesure 52,768 grains.


 Cette anecdote, toute singulière qu'elle puisse paraître, ne dépasse pas les bornes de la vraisemblance; elle a tout-à-fait le cachet oriental, et l'analogie des mots sacchia et échecs, par lesquels les Italiens et les Français désignent ce jeu, avec les mots schahtrengi (jeu du shah), et jeu du shek (jeu du roi ), sous lesquels il est connu dans l'Orient et chez les Arabes, peut servir à confirmer l'opinion que nous venons d'exposer sur son origine. Les auteurs persans conviennent qu'ils tiennent ce jeu des Indiens, qui le leur ont transmis vers 575, sous le règne de Noushirvàn (Chosroès-le-Grand), contemporain de Bélisaire. Les Chinois eux-mêmes, qui ont inventé tant de choses que nous n'avons connues que bien plus tard, font le même aveu. Ce jeu qu'ils appellent jeu de l'éléphant n'est en usage chez eux, selon le Hat-Pien, qui est leur grande encyclopédie, que depuis l'empereur Vou-Ty, qui régnait vers l'an 530 de Jésus-Christ. C'est maintenant un de leurs amusemens favoris. À Pékin, on le fait apprendre aux demoiselles, comme à Paris on leur fait jouer du piano et chanter des romances.


Dans la vie de l'empereur Alexis Comnène, écrite par sa fille la princesse Anne, il est dit positivement que les Grecs ont appris des Persans ce jeu, que par euphonie ils le nom­maient zatrikion, -mot qui rappelle encore le schahtrengi oriental.


Quelques antiquaires ont attribué, mais sans aucun fon­dement, l'invention de ce jeu à Palamède, celui qui périt lapidé, victime des artifices du sage mais vindicatif Ulysse.


Quoi qu'il en soit de l'époque précise de la découverte de ce jeu savant et ingénieux, il est certain qu'il est fort ancien, et que de tous temps, beaucoup d 'hommes célèbres à d'au­tres titres, y ont été très adonnés. Parmi les plus connus, on peut citer Charlemagne, Louis-le-Gros, Tamerlan, François Ier, le joyeulx curé de Meudon Rabelais, Char­les XII, Voltaire, Frédéric-le-Grand, Jean-Jacques Rous­seau , et enfin le musicien Philidor, qui a acquis une répu­tation européenne comme joueur d'échecs. C'est au café de la Régence, sur la place du Palais-Royal, que, pendant les loisirs que lui laissait la composition de ses nombreux opéras, il faisait admirer les étonnantes combinaisons par les­quelles il battait toujours ses adversaires. Aujourd'hui les plus habiles joueurs se réunissent encore dans le café de la Régence.


Depuis son invention, le jeu d'échecs a souvent changé de règles, et quelques unes de ses pièces ont porté des noms différens. Mais, dans tous les pays et dans tous les temps, le pion et le cheval ont toujours représenté l'infanterie et la cavalerie. L'origine du fou, suivant les historiens du jeu d'échecs, est assez singulière. Dans l'Inde, la pièce que nous nommons fou est représentée par un éléphant, fil, dont nos pères ont fait par corruption fou, que l'on écrivait alors fol ; à ce compte il n'y aurait qu'une lettre de changée, et cette étymologie en vaut peut-être bien une autre. Il a aussi quelquefois été appelé alphin ou dauphin. Quant à la tour, dans l'Orient elle est fi­gurée par un chameau, que monte un homme armé d'un arc. Elle y porte le nom de rokh (chameau), dont nous avons fait le terme technique roquer.

La pièce que nous nommons dame ou reine, a éprouvée en passant en Europe un changement de sexe.Dans l’Orient elle porte le nom de Ferz; (visir), et en effet, on voit dans ces vers du célèbre Roman de la Rose, de Jean de Meung, qu'elle portait au moyen-âge un nom qui rappelait le mot primitif :Car on n' have (n'avertit) pas les garçons (pions),Fols, chevaliers,fîerges, ni rois.De fierge, on a probablement fait vierge, puis dame ou reine.


      Les pièces dont nous donnons le dessin avec cet article sont connues depuis fort long-temps sous le nom de Jeu d'échecs de Charlemagne; et l'ancienne tradition de l'abbaye de Saint-Denis, où ils ont été conservés pendant des sièclesavant de passer dans la collection du cabinet des médailles de Paris, assure qu'ils ont été donnés au fondateur du second empire d'Occident , par le calife Aaroun al Raschid.


   Mais cette assertion tombe devant une inspection atten­tive; les costumes des pions et des cavaliers sont exactement ceux que portaient les Normands lors de la conquête de l'Angleterre au XIe siècle. L'architecture de l'espèce de portail que l'on voit à la partie postérieure des pièces du roi et de la reine, est, il est vrai, de style byzantin; mais ce genre d'architecture a subsisté fort long-temps, et on trouve fréquemment le plein-cintre dans les églises fon­dées par GuilIaume-le-Conquérant en Angleterre. Ce jeu d'échecs n'a donc pu appartenir à Charlemagne ; toutefois il n'en est pas moins d'une haute curiosité, car on connaît très peu de monumens d'ivoire de cette époque ; et le travail de ceux-ci, quoique grossier, n'est pas dépourvu d'énergie et d'un certain sentiment du vrai.


     Notre dessin ne permet pas de juger parfaitement la taille de ces joujoux de nos ancêtres : les pièces y sont repré­sentées au quart de leur grandeur, où elles ont en effet quatre pouces de haut : elles sont toutes faites d'après l'ancienne règle indienne ; il n'y en a qu'une qui s'en écarte, c'est celle qui représente un homme dans l'un de ces chars traînés par quatre chevaux, que les anciens nommaient quadriges.

                   

Peut-être remplace-t-elle la tour : du moins on peut le sup­poser,car c'est la seule pièce principale qui manque dans le jeu que nous publions.


La dame
La dame
Le roi
Le roi
La  tour
La  tour
Le fou
Le fou
Le cavalier
Le cavalier
Le pion
Le pion

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