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ECHECS 2

UN VILLAGE DE JOUEURS D'ECHECS



II existe des villes au monde qui ont une réputation universelle due à quelque spécialité locale, à quelque industrie particulière qui en fait la richesse. — La palme de la célébrité étrange revient, sans conteste, à un village allemand du nom de Strobeck, et qui doit sa renommée à ce fait que tous les habitants, grands et petits, jouent aux échecs à leur moindre moment de loisir. Le jeu d'échecs n'a pas de patrie. On le joue et on le joua partout. C'est un jeu dont l'origine remonte aux temps les plus reculés et qui fut très à la mode en Chine, il y a des milliers d'années. Cependant, sa véritable origine est l'Inde et c'est seulement au IX ème siècle qu'il fut importé en Europe. Dès son apparition, le jeu d'échecs obtint un véritable succès.























Les vrais amateurs d'échecs se rencontrent un peu partout, mais c'est principalement une certaine ville d'Allemagne qui « dame le pion » à toutes les autres villes de la terre.II existe, en effet, un village, qui est surnommé le village des joueurs d'échecs, où tout le monde professe ce jeu sans exception, et le jeu d'échecs se trouve être, tout a la fois, un jeu de dames... d'hommes, de vieillards et même d'enfants. Pour un voyageur étranger, le coup d'oeil qu'offre ce village est des plus curieux. Les maisons de Strobeck sont décorées d'ornements qui, en réalité, forment des échiquiers. Les pavés des rues semblent prendre des aspects de tableaux d'échecs; quant aux arbres des jardins, il est inutile de dire qu'ils sont taillés et plantés en échiquier.C'est tout juste si l’on n'oblige pas les femmes à porter des robes à carreaux blancs et noirs.Tous les gens que l'on aperçoit sont toujours attablés, deux à deux, devant un ta­bleau, en train de manier des pions. On ne rencontre jamais de « cavalier » seul.La principale industrie était, jadis, la fabri­cation des échiquiers, mais depuis le temps, le métier a fini par se gâter.On joue dehors, on joue dedans, et dans toutes les demeures, des tables attendent des joueurs : chez les particuliers, on manie autant l'échec que dans les maisons de banque du pays!





















Heureusement que Strobeck ne sera jamais frappé de la loi sur les cercles et maisons de jeux.Cette ville d'Allemagne est aussi un pays où l’on comprend l'hospitalité écossaise d'une façon toute particulière.Lorsqu'un étranger arrive dans un hôtel, il n'a pas mis plutôt le pied dans sa chambre que l'hôtelier lui propose une petite partie. Il n'a même pas le temps de visiter la ville : on pense que I'existence est relativement monotone et que les distractions sont assez restreintes. S'il y a des théâ­tres à Strobeck, les « pièces » qu'on y joue vont, d'avance, disent les mauvaises langues, à un échec sûr. Les ouvreuses ne doivent cependant pas manquer de venir réclamer leur pourboire pour  le petit banc et l'échiquier prêté pour jouer pen­dant les en­tr'actes.Pourquoi cette habitude? Quel châtiment  doivent donc expier les   habitants de  Strobeck pour   être condamné aux échecs a perpétuité ? II y a évidemment une légende... la légende d'échec… Strobeck est fier d'avoir une histoire… et le peuple n'en est pas moins heureux pour ça, d'ailleurs.

Comme chacun peut aisément l’imaginer, c'est dans une « tour » que la passion des  échecs a pris naissance.






















Un jour — ceci se passait en 1011- un certain comte Gunnelin, qui avait été fait prisonnier par Arnold d'Alberstadt, fut enfermé dans la tour qui est le seul monument historique de Strolbeck.

Pour distraire ses geôliers qui se conduisaient d’une façon tout à fait correcte envers lui et se montraient prévenants et pleins d’égards pour sa personne, et pour faire passer le temps, aussi, le comte leur appris un jeu nouveau pour eux.

Il prit un plateau qu’il  divisa en 64 cases, il sculpta des pièces et enseigna ainsi les échecs à ses gardiens.Ce jeu qui les passionna se répandit vite dans tout le village comme une véritable épidémie: pour la seconde fois, les échecs obtenaient un succès de « fous », c'est le cas de le dire.






















On conçoit facilement que depuis 1011, les habitants de Strobeck aient acquis une certaine habileté. Cependant la renommée des  j o u e u r s d’échecs de Strobeck allait grandissant... et le jeu faisant toujours rage. Lorsqu'un prince en tournée traversait le village, une délégation allait le recevoir aux portes de la ville et, à la place de pain et de sel, lui offrait une partie d'échecs.

On conserve précieusement à Strobeck quelques reliques, sortes d’attestations  qui consacrent la gloire immortelle des habitants. Le 31 mai 1651, un prince de Brandebourg, après avoir fait l'honneur de jouer une partie d'échecs à Strobeck, fit don d'un splendide échiquier où, en dédicace, il est relaté l'honneur qui du fait de ce présent rejaillit sur la bonne cité.


Comment on élève les enfants à Strobeck


Un reporter de l'époque ayant reproduit en gravure la partie entre le Prince et son notable adversaire, l’Empereur Guillaume 1er, à qui cette gravure fut envoyée, offrit une médaille commémorative aux habi­tants de Stro­beck.

Ceux-ci, ce­pendant, sont désolés que leur pays soit d'accès diffi­cile ; les communications ne sont pas commodes et l’on vient relativement peu chez eux. Quant aux  enfants de Strobeck, ils apprennent à jouer aux échecs lorsqu'ils sont encore au biberon.

Au moment de la rentrée en classe on les rencontre dans les rues, un échiquier sous le bras, au lieu d'une serviette, s'acheminant vers l'école. La, sous la surveillance d'un « pion » ils se livrent à d'intéressants problèmes d'échecs.

II est bien entendu que leur science se développe avec l'age. Mais il est à remarquer une chose, c'est que jamais aucun d'eux ne parvient à une force exceptionnelle.

Ils  sont tous d'une très bonne moyenne. Cependant, à un tournoi, où deux Maîtres fameux pour eux, Lasker et Tarrasch, avaient à se mesurer contre les joueurs de Strobeck, trois habitants sortirent victorieusement de la lutte. Ils étaient d'ailleurs tous les trois de la même famille : c'étaient le propriétaire de I'hôtel « Au jeu d'Echecs », sa tante et sa grand'mère.

Ainsi trois générations se trouvaient repré­sentées, ils formaient à eux trois la gloire du pays, l'hérédité s'était transmise et tout à l'honneur de la grand'mère.

Strobeck est une ville où les sports ne peuvent être cultivés, le tempérament des  indigènes n'étant pas de nature à pratiquer ce genre d'exercices violents, mais il est bien évident que le jour où le chemin de fer pourra introduire à Strobeck tous les progrès de la civilisation, ce sera la fin de tout.

Et les habitants, s'éteindront tous l’arme... du moins le pion à la main, et ainsi disparaîtra un jour, sans qu'on s'en aperçoive, tout un peuple. Alors la mode du jeu d'échecs émigrera probablement et ira se réfugier vraisemblablement dans quelqu'autre pays.

La cote de Zanzibar semble tout indiquée.

Cependant, comme le jeu d'échecs a ceci d'imprévu, c'est qu'on sait bien quand on commence à jouer, mais qu'on ne sait jamais quand on finira, il n'y a pas de raison pour que ça finisse jamais : c'est pourquoi on rencontre fréquemment à Strobeck des gens qui ne souviennent n'avoir jamais fini leurs parties... et qui en ce moment même les continuent peut-être, toujours.


Jacques Brindejont-Offenbach.


JEUNES  AMATEURS D' ECHECS

A Strobeck, pendant les classes, le maître d'école propose a ses élèves des problèmes d'échecs qui constituent non plus un  jeu véritable, mais un travail sérieux et des plus intéressants.

L’HEURE DE LA CLASSE.

Dans les rues de Strobeck, on ne rencontre, à l’heure de la rentrée des classes,que des écoliers et des écolières qui,armés de leur échiquier, se rendent au travail.

UNE GRAVE QUESTION

Avec une gravité et un sérieux réel, les petites filles jouent aux échecs au lieu de jouer à la poupée.

UN COUPLE D’AMATEUR

Deux vieux attablés devant leur échiquier jouent aussi gravement que des enfants.

LE    DEPART    POUR    LA PROMENADE

A la sortie des classes, les jeunes élèves partent en promenade, Ils ne manquent pas d'emporter leur échiquier dont ils se serviront au cours de leur excursion.

ECHEC ET MAT

Dès leur jeunesse, ils ont commencé à jouer aux échecs, la vieillesse vient les surprendre toujours en train de jouer

Vieil article de 1905 tiré de la revue “Je sais tout”.

ECHECS.

STROBECK

Musée des échecs de Strobeck.

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