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Colloque sentimental


   Dans le vieux parc solitaire et glacé
   Deux formes ont tout à l' heure passé.

   Leurs yeux sont morts et leurs lèvres sont molles,
   Et l' on entend à peine leurs paroles.

  Dans le vieux parc solitaire et glacé
  Deux spectres ont évoqué le passé.

 - Te souvient-il de notre extase ancienne ?
 -  Pourquoi voulez-vous donc qu' il m' en souvienne ?

 - Ton coeur bat-il toujours à mon seul nom ?
 - Toujours vois-tu mon âme en rêve ? - Non.

  - Ah ! les beaux jours de bonheur indicible
   Où nous joignions nos bouches! - C' est possible.

-Qu' il était bleu, le ciel, et grand l' espoir !
-L' espoir a fui, vaincu, vers le ciel noir.

   Tels ils marchaient dans les avoines folles,
    Et la nuit seule entendit leurs paroles.

    ( Fêtes Galantes.)                          VERLAINE
                      
Never more


Souvenir, souvenir, que me veux-tu ? L'automne
Faisait voler la grive à travers l'air atone,
Et le soleil dardait un rayon monotone
Sur le bois jaunissant où la bise détone.


Nous étions seul à seule et marchions en rêvant,
Elle et moi, les cheveux et la pensée au vent.
Soudain, tournant vers moi son regard émouvant:
« Quel fut ton plus beau jour! » fit sa voix d'or vivant


Sa voix douce et sonore, au frais timbre angélique.
Un sourire discret lui donna la réplique,
Et je baisai sa main blanche, dévotement.


- Ah ! les premières fleurs qu'elles sont parfumées
Et qu'il bruit avec un murmure charmant
Le premier oui qui sort de lèvres bien-aimées!


PAUL VERLAINE

                    Mon rêve familier


Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant
D'une femme inconnue, et que j'aime, et qui m'aime,
Et qui n'est, chaque fois, ni tout à fait la même
Ni tout à fait une autre, et m'aime et me comprend.


Car elle me comprend, et mon coeur, transparent
Pour elle seule, hélas ! cesse d'être un problème
Pour elle seule, et les moiteurs de mon front blême,
Elle seule les sait rafraîchir, en pleurant.


Est-elle brune, blonde ou rousse ? - Je l'ignore.
Son nom ? Je me souviens qu'il est doux et sonore
Comme ceux des aimés que la Vie exila.


Son regard est pareil au regard des statues,
Et, pour sa voix lointaine, et calme, et grave, elle a
L'inflexion des voix chères qui se sont tues.

(Poèmes Saturniens).
VERLAINE

Ballade des Dames du temps jadis


Dites-moi où, n'en quel pays
Est Flora la belle Romaine,
Archipiades, ne Thaïs
Qui fut sa cousine germaine,
Echo, parlant quand bruit on mène
Dessus rivière ou sur étang,
Qui beauté eut trop plus qu'humaine?
Mais où sont les neiges d'antan?

Où est la très sage Héloïs,
Pour qui fut châtré et puis moine
Pierre Abélard à Saint-Denis?
Pour son amour eut cette essoine.
Semblablement, où est la royne
Qui commanda que Buridan
Fût jeté en un sac en Seine?
Mais où sont les neiges d'antan?

La reine Blanche comme lis
Qui chantait à voix de seraine,
Berthe au grand pied, Bietris, Alis,
Haremburgis qui tint le Maine,
Et Jeanne, la bonne Lorraine
Qu'Anglais brûlèrent à Rouen;
Où sont-ils, où, Vierge souvraine?
Mais où sont les neiges d'antan?

Prince, n'enquérez de semaine
Où elles sont, ni de cet an,
Qu'à ce refrain ne vous remaine:
Mais où sont les neiges d'antan?

FRANCOIS VILLON

Le Loup et l'Agneau


La raison du plus fort est toujours la meilleure;
Nous l'allons montrer tout à l'heure.

Un Agneau se désaltérait
Dans le courant d'une onde pure.
Un Loup survient à jeun, qui cherchait aventure,
Et que la faim en ces lieux attirait.
« Qui te rend si hardi de troubler mon breuvage?  
Dit cet animal plein de rage:
Tu seras châtié de ta témérité.
-Sire, répond l'Agneau, que Votre Majesté
Ne se mette pas en colère;
Mais plutôt qu'elle considère
Que je me vas désaltérant
Dans le courant,
Plus de vingt pas au-dessous d'Elle;
Et que par conséquent, en aucune façon,
Je ne puis troubler sa boisson.
-Tu la troubles, reprit cette bête cruelle;
Et je sais que de moi tu médis l'an passé.
Comment l’aurais-je fait si je n'étais pas né?
Reprit l’Agneau; je tette encor ma mère.
-Si ce n'est toi c'est donc ton frère.
Je n’en ai point. - C'est donc quelqu'un des tiens;
Car vous ne m'épargnez guère,
Vous, vos bergers et vos chiens.
On me l'a dit : il faut que je me venge. »
Là-dessus, au fond des forêts
Le Loup l'emporte, et puis le mange
Sans autre forme de procès.
LA FONTAINE

CHANSON DAUTOMNE   


Les sanglots longs
Des violons
De l' automne
Blessent mon coeur
D' une langueur
Monotone.


Tout suffoquant
Et blême, quand
Sonne l' heure,
Je me souviens
Des jours anciens
Et je pleure ;


Et je m' en vais
Au vent mauvais
Qui m' emporte
Deçà, delà,
Pareil à la
Feuille morte.
             

(Poèmes Saturniens.)
                                                      
VERLAINE
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