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Il pleure dans mon coeur



Il pleure dans mon coeur

Comme il pleut sur la ville,

Quelle est cette langueur

Qui pénètre mon coeur ?



0 bruit doux de la pluie

Par terre et sur les toits

Pour un coeur qui s'ennuie,

0 le chant de la pluie



Il pleure sans raison

Dans ce coeur qui s'écoeure.

Quoi ! nulle trahison ?

Ce deuil est sans raison.



C'est bien la pire peine

De ne savoir pourquoi,

Sans amour et sans haine,

Mon coeur a tant de peine.

Il pleut doucement sur la ville.


VERLAINE


        

                           L'isolement


Souvent sur la montagne, à l'ombre du vieux chêne,

Au coucher du soleil, tristement je m'assieds;

Je promène au hasard mes regards sur la plaine,

Dont le tableau changeant se déroule à mes pieds.


Ici, gronde le fleuve aux vagues écumantes;

Il serpente, et s'enfonce en un lointain obscur;

Là, le lac immobile étend ses eaux dormantes

Où l'étoile du soir se lève dans l’azur.


Au sommet de ces monts couronnés de bois sombres,

Le crépuscule encor jette un dernier rayon;  

Et le char vaporeux de la reine des ombres

Monte, et blanchit déjà les bords de  l'horizon.


Cependant, s'élançant de la flèche gothique,

Un son religieux se répand dans les airs :

Le voyageur s'arrête, et la cloche rustique

Aux derniers bruits du jour mêle de saints concerts.


Mais à ces doux tableaux mon âme indifférente

N 'éprouve devant eux ni charme ni transports;

Je contemple la terre ainsi qu'une ombre errante:

Le soleil des vivants n'échauffe plus les morts.


De colline en colline en vain portant ma vue,

Du sud à l'aquilon, de l'aurore au couchant,  

Je parcours tous les points de l'immense étendue,

Et je dis : « Nulle part le bonheur ne m'attend. »


Que me font ces vallons, ces palais, ces chaumières,

Vains objets dont pour moi le charme est envolé?

Fleuves, rochers, forêts, solitudes si chères,

Un seul être vous manque, et tout est dépeuplé!



Que le tour du soleil ou commence ou s'achève,

 D’un oeil indifférent je le suis dans son cours;

 En un ciel sombre ou pur qu'il se couche ou se lève,,

 Qu'importe le soleil? je n'attends rien des jours.


Quand je pourrais le suivre en sa vaste carrière,

Mes yeux verraient partout le vide et les déserts:

Je ne désire rien de tout ce qu'il éclaire;

Je ne demande rien à l’immense univers.



Mais peut-être au-delà des bornes de sa sphère,

Lieux où le vrai soleil éclaire d'autres cieux,

Si je pouvais laisser ma dépouille à la terre,

Ce que j'ai tant rêvé paraîtrait à mes yeux!


Là, je m'enivrerais à la source où j'aspire;

Là., je retrouverais et l'espoir et l'amour,

Et ce bien idéal que toute âme désir,

Et qui n'a pas de nom au terrestre séjour!



Que ne puis-je, porté sur le char de l'Aurore,

Vague objet de mes voeux, m'élancer jusqu'à toi!

Sur la terre d'exil pourquoi resté-je encore?

Il n’est rien de commun entre la terre et moi.


Quand la feuille des bois tombe dans la prairie,

Le vent du soir s’élève et l'arrache aux vallons;

Et moi, je suis semblable à la feuille flétrie:

Emportez-moi comme elle, orageux aquilons!


                          LAMARTINE




Poésie

(fragment)



0 jeunes gens ! Elus ! Fleurs du monde vivant,

Maitres du mois d'avril et du soleil levant,

N'écoutez pas ces gens qui disent : soyez sages!

La sagesse est de fuir tous ces mornes visages!

Soyez jeunes, gais, vifs, amoureux, soyez fous!

0 doux amis, vivez, aimez!  Défiez-vous

De tous ces conseillers douceâtres et sinistres.

Vous avez l'air joyeux, ce qui déplaît aux cuistres.

Des cheveux en forêt, noirs, profonds, abondants,

Le teint frais, le pied sûr, l'oeil clair, toutes vos dents;

Eux, ridés, épuisés, flétris, édentés, chauves,

Hideux l'envie en deuil clignote en leurs yeux fauves.

Oh! comme je les hais, ces solennels grigous!

Ils composent, avec leur fiel et leurs dégoûts,

Une sagesse pleine et d'ennui et de jeûnes,

Et, faite pour les vieux, osent l'offrir aux jeunes!


Victor Hugo

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Alphonse Marie Louis de Prat de Lamartine dit Alphonse de Lamartine, né à Mâcon le 21 octobre 1790 et mort à Paris le 28 février 1869, est un poète, romancier, dramaturge et prosateur en même temps qu'un homme politique français, l'orateur d'exception qui dirigea la foule en colère lors de la révolution de février 1848 et proclama la Deuxième République1. Il est l'une des plus grandes figures du romantisme en France.

                             Aux bains de mer



Sur la plage élégante au sable de velours

Que frappent, réguliers et calmes, les flots lourds,

Tels que des vers pompeux aux nobles hémistiches,

Les enfants des baigneurs oisifs, les enfants riches,

Qui viennent des hôtels voisins et des chalets,

La jaquette troussée au-dessus des mollets,

Courent, les pieds dans l'eau, jouant avec la lame.

Le rire dans les yeux et le bonheur dans l'âme,

Sains et superbes sous leurs habits étoffés,

Et d'un mignon chapeau de matelot coiffés,

Ces beaux enfants gâtés, ainsi qu'on les appelle,

Creusent gaîment, avec une petite pelle,

Dans le fin sable d'or des canaux et des trous;

Et ce même Océan, qui peut dans son courroux

Broyer sur les récifs les grands steamers de cuivre

Laisse, indulgent aïeul, son flot docile suivre

Le chemin que lui trace un caprice d'enfant.

Ils sont là, l'œil ravi, les cheveux blonds au vent,

Non loin d'une maman brodant sous son ombrelle,

Et trouvent, à coup sûr, chose bien naturelle

Que la mer soit si bonne et les amuse ainsi.


- Soudain, d'autres enfants, pieds nus comme ceux-ci,

Et laissant monter l'eau sur leurs jambes bien faites,

Des moussaillons du port, des pêcheurs de crevettes,  

Passent, le cou tendu sous le poids des paniers.

Ce sont les fils des gens du peuple, les derniers

Des pauvres, et le sort leur fit rude la vie.

Mais ils vont, sérieux, sans un regard d'envie

Pour ces jolis babys et les plaisirs qu'ils ont.

Comme de courageux petits marins qu'ils sont,

Ils aiment leur métier pénible et salutaire

Et ne jalousent point les heureux de la terre;

Car ils savent combien maternelle est la mer,

Et que pour eux aussi souffle le vent amer

Qui rend robuste et belle, en lui baisant la joue,

L'enfance qui travaille, et l'enfance qui joue.

(Le Cahier rouge.)   

                                                    FRANCOIS COPPEE

François Édouard Joachim Coppée, né le 26 janvier 1842 à Paris1 où il est mort le 23 mai 1908, est un poète, dramaturge et romancier français.

                              

 Le berceau



Dans la chambre paisible où tout bas la veilleuse

Palpite comme une âme humble et mystérieuse,

Le père, en étouffant ses pas, s'est approché

Du petit lit candide où l'enfant est couché ;

Et sur cette faiblesse et ces douceurs de neige

Pose un regard profond qui couve et qui protège.

Un souffle imperceptible aux lèvres, l'enfant dort,

Penchant la tête ainsi qu'un petit oiseau mort,

Et, les doigts repliés au creux de ses mains closes,

Laisse à travers le lit traîner ses bras de roses.

D'un fin poudroiement d'or ses cheveux l'ont nimbé;

Un peu de moiteur perle à son beau front bombé,

Ses pieds ont repoussé les draps, la couverture,

Et, libre maintenant, nu jusqu'à la ceinture,

II laisse voir, ainsi qu'un lys éblouissant,

La pure nudité de sa chair d'innocent.

Le père le contemple, ému jusqu'aux entrailles....

La veilleuse agrandit les ombres aux murailles;

Et soudain, dans le calme immense de la nuit,

Sous un souffle venu des siècles jusqu'à lui,

II sent, plein d'un bonheur que nul verbe ne nomme,

Le grand frisson du sang passer dans son cœur d'homme.

 

(Le  Chariot d'or.)

                                    ALBERT SAMAIN  

Albert Samain, né à Lille le 3 avril 1858, mort à Magny-les-Hameaux le 18 août 1900, est un poète symboliste français.