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POEMES SUR PORNIC 4

LE PARADIS AUX ANES


Choses disparues, PORNIC (Loire -Inférieure) .


La roule de Paimbœuf arrivant à Pornic

Aboutit sur le haut d'un coteau très à pic.

Autrefois, c'était là que finissait la ville.

Du haut de ce coteau, le sentier difficile

Passait en zigzaguant sur les dents du rocher,

Descendant jusqu'au port où le prudent nocher

Abritait son esquif contre les vents du large.

Ceux qui, de la famille, ont pris la lourde charge

Et doivent s'embarquer à toute heure de nuit,

Sans avoir pour fanal une étoile qui luit,

Ont bien souvent maudit leur amère existence.

Grande au fond de leur cœur fut la reconnaissance

Pour le nom vénéré du curé Galipaud,

Le prêtre ingénieux qui, du bas jusqu'en haut,

Pendant un rude hiver où la peine était grande,

Et pour utiliser une princière offrande,

Fit tailler dans ce roc un immense escalier

Pour remplacer l'étroit et tortueux sentier.

Ce travail cependant ne se fit pas sans peine.

Quelques-uns murmuraient ; mais poussés par la gêne,

Ils retournaient au roc pour leur morceau de pain.

Il faut bien travailler pour combattre la faim.

Le pasteur était là, dirigeant son ouvrage,

Flattant les travailleurs, exaltant leur courage.

Même, il leur apportait souvent dès le matin,

Pour leur donner du cœur, un bon verre de vin.

Il fit aussi creuser, dans ce roc difficile,

Un égout collecteur pour les eaux de la ville.

Et ces eaux s'écoulant au penchant du coteau,

A Mademoiselle Maria Thomazeau

Souvenir de son voyage à Pornic (Avril 1905).


J'ai besoin de rêver dans le fond de mon âme,

Pour immobiliser l'étonnant souvenir

De ce vaillant poète, inexplicable femme,

Aux sentiments exquis, à l'ardent cœur de flamme,

Vibrante comme un luth, souffrant comme un martyr.


Pourquoi ne puis-je donc adoucir sa souffrance

Et briser sous ses pas les cailloux du chemin ;

Allumer devant elle un phare d'espérance ;

Dans le cœur dévasté, ramener l'abondance

Par l'oubli du passé, l'espoir du lendemain ?


Pourquoi le sort cruel l'a-t-il donc isolée?

Son ardente nature eût aimé sans détour.

Un sourire d'enfant l'eût vite consolée ;

Las ! pour son tendre cœur, l'idole est envolée.

L'existence est sans but, puisqu'elle est sans amour.


Mais où l'amour faillit, souvent l'amitié veille,

Et sa main bienfaisante apaise les douleurs.

Aujourd'hui par ma voix, c'est elle qui conseille.

A ses tendres accents veuillez prêter l'oreille ;

Vous avez des amis, ne versez plus de pleurs.


Antoine Gautier

LA SOURCE FERRUGINEUSE DE MALMY

Près Pornic


Dans la faille d'un roc, la nymphe gracieuse

Verse en larmes d'argent son eau ferrugineuse

Ces filets réunis en un centre commun

Forment un ruisselet qui sort du rocher brun

On découvre la source au pied de ces grands mornes

D'ou l'oeil s'étend au loin sur l'océan sans bornes

Le soleil du midi l'échauffe de ses feux

Plongeant directement au fond du rocher creux

Par  de nombreux degrés, du haut de la colline

Chacun vient à son tour puiser l'eau cristalline

Et la mer qui déferle au pied de ce coteau

Semble rendre un hommage aux vertus de cette eau

La nymphe qui préside au sort de la fontaine

Ne possède ici-bas qu'un modeste domaine

Et son filet d'argent en sortant du rocher

Dans le vaste océan court vite se cacher

Image des pays qui n'ont pas eu d'histoire

Et que n'a pas terni le souffle de la gloire

Dont les jours ont passé clairs et ensoleilles

Que l’âpre ambition n'a jamais éveillés.

O mortels, demandez à cette source vive

Qui coule si modeste au bord de cette rive

La santé, l'un des biens les plus capricieux

Mais le meilleur de tous et le plus précieux

Prenez l'exemple aussi de cette modestie

Et soyez assez forts pour cacher votre vie

On peut vivre par l’âme autant que par le coeur

C'est loin des passions qu'habite le bonheur.

31 octobre 1908   Pornic



Il se trouva qu'autour de ce petit ruisseau

La végétation, chose capricieuse,

Devint en peu de temps géante et merveilleuse.

Les graines, que le vent apportait de partout,

Germèrent sur ce sol arrosé par l'égout,

Et d'énormes chardons, de grandes herbes folles,

Masquèrent le cours d'eau de larges feuilles molles.

Le site, en plein soleil, de fleurs, coquet fouillis,

Par un marin passant fut nommé paradis.

Chacun y menait paître et son âne et ses chèvres.

Souvent, pour le curé, s'échappait de leurs lèvres

La bénédiction que le peuple parfois

Donne à ses bienfaiteurs ; mais vraiment cette fois

Le prêtre avait gagné cette marque d'estime.

De belles actions, souvent on fait un crime.

Certains, se souvenant du pénible labeur,

Avaient gardé rancune à monsieur le recteur.

Devant le résultat de son œuvre féconde,

Ils n'osaient tout de même exercer leur faconde.

Mais le coteau fleuri leur avait procuré

La belle occasion de bécher le curé.

Dans ce coin verdoyant, lorsqu'on entendait braire,

Il se trouvait toujours quelque joyeux compère

Pour crier : - Ecoutez les chants du paradis !

Sont ils assez heureux, les ânes du pays.

Ils n'auraient jamais pu croire à semblable veine.

C'est Monsieur Galipaud qui leur vaut cette aubaine.

Il leur doit bien cela, car enfin, c'est très clair :

Il a mis, l'an dernier, les hommes en enfer !


10 Janvier 1909   Antoine Gautier


Ci-dessous, un poème inédit d’Antoine Gautier, adressé au Docteur Fortineau, à Nantes.

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