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La LOIRE-INFERIEURE , par Jules Verne, en 1866.


Situation.— Limites. — Aspect général. —


Le département de la Loire-Inférieure, situé dans la région orientale de la France, forme un département maritime, et doit son nom au cours inférieur du grand fleuve qui le traverse de l'Est à l'Ouest. Ses limites sont : au Nord-Est, le dé­partement du Morbihan ; au Nord, celui d'Ille-et-Vilaine ; à l'Est, celui de Maine-et-Loire; au Sud, celui de la Vendée ; à l’Ouest, l'océan Atlantique.

L'aspect du département de la Loire-Inférieure est varié dans son ensemble, et son re­lief se dessine par une succession pittoresque de collines et de coteaux; il est arrosé par des cours d'eau dont les rives sont vantées à juste titre ; la partie 0uest du département contraste d'une manière frappante avec leNord qui est assez vivement ondulé ; ses côtes présentent un déve­loppement de 90 kilomètres, et se découpent capricieusement sur les eaux bleues et pro­fondes de l'Atlantique


Orographie. — Hydrographie. —


C'est au Nord du département de la Loire-Inférieure, en­tre Nantes et Pontchâteau, que se dessinent les hauteurs les plus développées du départe­ment, connues sous le nom de Sillon-de-Bretagne; mais le point culminant du territoire se trouve situé à une altitude de 115 mètres, près de Rougé, dans l'arrondissement de Châteaubriant.

Le département de la Loire-Inférieure ap­partient en entier au bassin de la Loire ; tous ses cours d'eau sont directement ou indirecte­ment tributaires de ce fleuve ; seulement, au Nord, la Vilaine, et au Sud, le Falleron, forment des bassins côtiers et se jettent directement à la mer.

La Loire, qui prend sa source dans le canton de Burzet, vers le centre du département de l'Ardèche, après avoir traversé les départements de la Haute-Loire, de la Loire, de Saône-et-Loire, de la Nièvre, du Loiret, de Loir-et-Cher, de l'Indre-et-Loire, de Maine-et-Loire, entre dans celui auquel elle a donné son nom par l'extrémité de l'arrondissement d'Ancenis, le sépare de Maine-et-Loire en arrosant Varades, Ancenis, Oudon, traverse l'arrondissement de Nantes, en baignant Mauves, Thoiré, Nantes, Chantenay, la Basse-Indre, Indret, Couëron, le Pellerin, Paimbœuf, Donges, Saint-Nazaire, et se jette dans l'Atlantique, après un cours total de 1008 kilomètres. Ses principaux affluents pendant ses 100 kilomètres de cours dans le département sont : 1° le Havre qui vient du canton de Saint-Mars-la-Jaille, arrose Pannecé, Teillé, Couffé, et finit près d'Oudon, après 32 ki­lomètres de cours ; 2° la Divatte qui naît dans Maine-et-Loire, et rejoint la Loire à son entrée dans le département ; 3° l’Erdre qui vient du canton de Louroux, dans Maine-et-Loire, entre dans la Loire-Inférieure, où il arrose Saint-Mars-la-Jaille, Bonnœuvre, Riaillé, Saint-Joué, Nort, la Chapelle-sur-Erdre, et finit à Nantes, après un cours total de 105 kilomètres, accru du Quihoix et du Cens ; 4° la Sèvre-Nantaise qui vient du département des Deux-Sèvres, entre dans la Loire-Inférieure, où elle baigne Clisson, Vertou, et finit à Nantes, après un cours de 138 kilomètres, accru de la Moine, de la Sanguèse et de la Maine ; 5° la Chézinne qui vient du canton de Saint-Etienne-de-Montluc, et finit à Nantes ; 6° l’Achenau qui trave rse le lac de Grand-Lieu, baigne les marais de Port-Saint-Père, Cheix, Rouans, Vue, et finit au-dessus de Paimbœuf, après avoir absorbé la Boulogne, l’Ognon et le Tenu; 7° le Brivè qui prend sa source dans l'arrondissement de Savenay, arrose Pontchâ­teau, les marais de Saint-Gildas, et, sous le nom d’Étier-de-Méans, finit au port de Méans, après un cours de 50 kilomètres.


La Vilaine, pendant quelques kilomètres, forme la limite des départements de la Loire-Inférieure et du Morbihan, et reçoit : 1° le Samnon, accru de la Brutz, et la Chère; 2° le Don qui arrose Saint-Julien-de-Vouvantes, Moisdon-la-Rivière, Issé, Treffieuc, Guémené, et finit près de Masserac ; 3° L’isac qui arrose Blain, Guenrouet, et finit à Tréhillac, après avoir absorbé les eaux de l’Effondreau.

Le Falleron, qui prend sa source dans la Vendée, baigne Machecoul dans la Loire-Infé­rieure, et se jette dans la baie de Bourgneuf, après 56 kilomètres de cours.

Le département de la Loire-Inférieure pos­sède l'un des grands lacs de France, le lac de Grandlieu qui couvre une superficie de 3894 hec­tares dans la commune de Saint-Philbert; il s'y trouve aussi de nombreux étangs, de vastes marais et des marais salants.


Climat. —

Le climat du département de la Loire-Inférieure est tempéré, mais souvent hu­mide et sujet à de brusques variations de tem­pérature ; les tempêtes d'équinoxe y sont vio­lentes ; les vents dominants sont ceux de l’Ouest et du Sud-Ouest.

Superficie. — Population. —

La superficie du département de là Loire-Inférieure est de 687 457 hectares, et sa population de 598 598 habitants, ce qui donne environ 81 habitants par kilomètre carré ; l'accroissement de la po­pulation a été de 229 293 âmes, depuis le com­mencement du siècle.

Les agriculteurs composent la moitié de cette population, et les industriels ou commer­çants plus du quart; on compte 15 000 habi­tants qui exercent des professions libérales, et 56 000 sans profession.

La vivacité, l'ardeur et la ténacité dans les entreprises, un esprit commerçant et indus­triel, une loyauté et une probité universelle­ment reconnues distinguent les habitants de la Loire-Inférieure ; leur intelligence est vive, mais chez eux le jugement et le bon sens l'emportent sur l'esprit et l’imagination, et ils sont moins artistes qu'amis des arts. Dans les campagnes, les mœurs ont conservé une grande pureté ; la vie est sobre et patiente, la communalité grande entre les familles, et l'hospitalité pratiquée avec beaucoup de fran­chise; l'ivrognerie tend à s'effacer de jour en jour, ainsi que les préjugés et les super­stitions.

On parle français dans toutes les villes du département avec un accent un peu chantant qui fait aisément reconnaître l'habitant de la Loire-Inférieure ; le bas-breton est principale ment employé dans tout l'Ouest des arrondisse­ments de Nantes et de Savenay.


Agriculture. —

Le domaine agricole du dé­partement de la Loire-Inférieure comprend 324 000 hectares de terres labourables, 116 000 de prairies naturelles, 30 000 de vignes, 89 000 de pâturages, landes et bruyères, 125 000 de bois, forêts et de terres incultes. Le territoire, très  morcelé, comprend 2 320 000 parcelles possédées par 142 000 propriétaires.

La Loire-Inférieure est un département de moyenne et de petite culture ; les céréales qu 'on y récolte, le blé, le seigle, le sarrasin, suffisent à la consommation des habitants, et leur va­leur annuelle dépasse 36 millions. Les autres cultures, pommes de terre, betteraves, légumes, chanvres, lins, etc., rapportent, année com­mune, 14 millions de francs environ; parmi elles, il faut citer les vignes, qui produisent 1 600 000 hectolitres de vins, dont les meilleurs sont les vins rouges de Vallet, du Loroux, de Vertou, etc., et les vins blancs de la Chapelle-sur-Erdre, de Riaillé, etc.; les pommiers, les poiriers et les cormiers, très nombreux, servent à la fabrication du cidre, dont on fait, chaque année, près de 200 000 hectolitres; les forêts sont belles et riches en diverses essences, chênes, ormeaux, frênes, hêtres, bouleaux; les prin­cipales sont les forêts de la Bretèche, du Gavre, de Machecoul, de Juigné, etc. La valeur an­nuelle des pâturages est environ de 11 millions de francs.

Les animaux domestiques forment une bran­che importante de l'industrie agricole. On compte à peu près 30 000 chevaux de race bre­tonne, petits, mais ardents, 310000 bêtes à cornes, de race bretonne également, 232 000 moutons de petite taille, mais de bonne qua­lité, surtout ceux des prés-salés, 79 000 porcs, 34 000 ruches d'abeilles, etc.

Le revenu brut des animaux domestiques est annuellement de 29 millions, et la valeur totale de la production agricole dépasse 82 millions de francs.


Mines. — Carrières. —

Le département de la Loire-Inférieure est principalement formé de granit, de schiste, de calcaire et de terres d'alluvion. Le minerai de fer est assez abondant dans les arrondissements d'Ancenis et de Châteaubriant; on trouve aussi quelques filons de plomb à Crossac, un gîte d'étain à Piriac, de l'aimant à l'embouchure de la Loire, de la houille et de la tourbe sur plusieurs points du territoire. Les carrières de pierres de taille, de pierres à chaux, les marais salants du littoral, sont l'objet d'importantes exploitations.

Les principales sources minérales du département sont celles de Pornic, de la Plaine, de la Chapelle-sur-Erdre, assez efficaces dans les affections des voies digestives.


Industrie. — Commerce. —

Le département de la Loire-Inférieure est industriel et manu­facturier; ses principaux établissements sont les filatures de coton, les raffineries, les chan­tiers de constructions maritimes, la fabrication de conserves de sardines, dont 15 millions de boîtes s'expédient dans toutes les parties du monde, les ateliers pour la construction des machines à vapeur, les fonderies, les hauts fourneaux et forges de la Hunaudière, de la Jahotière, de la Prévotière, les forges et fonde­ries maritimes de Nantes, les laminoirs de la Basse-Indre, l'immense établissement impérial d'Indret qui emploie 2000 ouvriers, les houil­lères qui produisent 300 000 quintaux métri­ques de combustible, les minières de fer qui donnent 137 000 quintaux métriques de mine­rai, les tourbières, dont le rendement est de 46000 quintaux métriques, les marais sa­lants qui produisent, année commune, 424 000 quintaux métriques de sel, les fabriques de produits chimiques, les verreries, les tanne­ries, etc.

Le mouvement de la navigation qui se pro­duit dans les 13 ports de Nantes, de Saint-Nazaire, de Paimbœuf, de la Turballe, du Pouliguen, du Croisic, de Port-Nichet, de Méans,de Pornic, de Chantenay, de Rosais, de la Basse-Indre, de Bourgneuf, est représenté, à l'entrée et à la sortie : pour la navigation à voile et à vapeur, par 10800 navires jaugeant ensemble 494 000 tonnes ; pour le cabotage, par 10 400 ca­boteurs jaugeant 408 000 tonnes ; pour la pêche de la morue, par 6 navires jaugeant 550 tonnes ; pour la pêche de la sardine, par 2500 chaloupes montées par 15 000 marins.

Il existe une ligne de transatlantiques entre Saint-Nazaire et le Mexique, et des services ré­guliers avec Liverpool, Bordeaux et Brest.

Le commerce importe les vins, eaux-de-vie, denrées coloniales, sucre, café, riz, indigo, coton, bois de teinture, morues, engrais, houilles anglaises, bois du Nord, etc., et ex­porte des blés, des farines, des sucres raffinés, des sels, des viandes et beurres salés, des sa­vons, etc.

Routes. — Canaux. — Chemins de fer. —

Le département de la Loire-Inférieure possède 6 routes impériales longues de 481 kilomètres, 18 routes départementales d'une longueur de 471 kilomètres, et 787 chemins de grande, de moyenne et de petite communication, dont le développement total est de 4507 kilomètres. Les canaux et rivières navigables ajoutent 355 kilomètres à ces voies de communication.

Les canaux qui desservent le département sont : 1° le canal de Nantes à Brest, qui com­mence sur la Loire, à Nantes, par l'Erdre ca­nalisé, et va se joindre à la rivière de l'Aulne après un parcours total de 359 kilomètres; 2°le canal de jonction de la Loire à la Vilaine, long de 90 kilomètres; 3° les canaux de la Boulaie, de Cesme, de Nyon, de Haute Perche, etc.

Le département de la Loire-Inférieure est traversé : 1° de l’Est à l’Ouest par le chemin de fer de Paris à Saint-Nazaire, l'une des lignes prin­cipales du réseau d'Orléans, qui dessert les sta­tions de Varades, Anetz, Ancenis,0udon, Clermont, Mauve, Thouaré, Sainte-Luce, Nantes, la Bourse, Chantenay, la Basse-Indre, Couëron, Saint-Etienne-de-Montluc, Cordernais, Savenay, Donges et Montoir; 2° par l'embranchement de Nantes à Napoléon-Vendée, avec stations à Vertou, la Haye-Fouassière, le Pallet et Clisson; 3° par l'embranchement de Savenay à Châteaulin, avec stations à Pontchâteau, Drefféac, Saint-Gildas et Séverac.

L'ensemble de ces diverses voies ferrées est de 171 kilomètres.

GEOGRAPHIE DE LA LOIRE- INFERIEURE  

Par Jules Verne

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Loire-Inférieure


Histoire. —

Le territoire, actuellement oc­cupé par le département de la Loire-Inférieure, était habité, longtemps avant l'invasion ro­maine, par la peuplade des Namnètes. Cette peuplade faisait partie de la confédération ar­moricaine qui vivait sous le régime républicain. Sans remonter aux temps mythologiques, on peut affirmer que les Namnètes ont une très ancienne origine. Unis aux Vénètes, ils luttèrent d'abord contre l'invasion romaine, mais ils du­rent se soumettre devant les armées de César, et leur ville devint une cité importante de la nouvelle administration. Le christianisme, apporté dans la contrée vers l’an 275 avec les prédications de Saint-Clair, premier évêque de Nantes, fut scellé par le sang des deux mar­tyrs, Donatien et Rogatien, en 290.

Le vainqueur des Visigoths, Clovis, s'empara du pays que les derniers empereurs étaient im­puissants à conserver; sous ses successeurs, après le partage de la Bretagne, les différents chefs prirent le titre de comtes, et Nantes de­vint le chef-lieu d'un comté tout en subissant encore la domination franque. Félix, un des évêques de la ville, contribua beaucoup à sa prospérité; mais l'invasion des Northmans ré­servait au comté de longues années de dévasta­tions; Nantes fut détruite; un désert en marqua remplacement, et lorsque Alain Barbe-Torte, vainqueur des pirates, voulut rendre grâce à Dieu dans la basilique de Félix, il ne trouva plus qu'une ville en ruine.

Cependant la cité se releva, et Alain y bâtit un château fort; elle subit tour à tour la do­mination des ducs de Bretagne, du roi d'An­gleterre, de Philippe Auguste qui l'arracha aux Anglais, fut presque entièrement incendiée en 1118, et renaquit de ses cendres. Des dissen­sions intérieures, des revendications de droits entre l’évêque et les seigneurs de Châteaubriant, d'Ancenis, de Retz, de Pont-Château, troublèrent le pays pendant quelques années; le comté de Nantes continua à se tenir séparé du duché de Bretagne, puis il lutta contre Charles V, fut soumis par Duguesclin, et enfin se donna à Jean V, qui établit sa résidence à Nantes. Ce duc y construisit la cathédrale actuelle, et son successeur, François II, acheva en 1480 le château fort d'Alain Barbe-Torte, où la Bretagne lutta pour la dernière fois contre l'influence française. François II fut le dernier duc de Bretagne; sa fille, Anne, épousa le roi Charles VIII, en 1491, et en secondes noces, le roi Louis XII; leur fille aînée, la princesse Claude, devint la femme de François Ier, et en 1532, du consente­ment des états de la province, la Bretagne fut définitivement réunie à la France.

Les guerres de la Réforme troublèrent peu le pays; les magistrats nantais refusèrent de suivre Charles IX dans les sanglantes voies de la Saint-Barthélémy. Henri IV vint à Nantes rendre l'édit qui régularisait l'existence poli­tique des protestants. Louis XIII, Richelieu, Louis XIV la visitèrent, mais presque toujours ces royales visites furent marquées par des exécutions. A la Révolution, la ville lutta contre les Vendéens, et, en 1793; Cathelineau fut tué sous ses murs.

Au remaniement de la France en 1790, le département de la Loire-Inférieure fut formé avec le comté de Nantes qui comprenait la partie Sud de l'ancienne Bretagne.

Hommes célèbres. —

Le département de la Loire-Inférieure compte un grand nombre de personnages remarquables, parmi lesquels on peut citer : abélard; le maréchal gille de retz; anne de bretagise; le marin cassart; l'astronome bouguer; l’oratorien fouché; haudaudine, le Régulus nantais ; charette; cambronne; le savant caillaud; le naturaliste d' Orbigny; le docteur laennec; et parmi les contemporains : les généraux bedeau, lamoricière, mellinet; le jurisconsulte faustin-hélie ; le docteur maisonneuve; charles monselet ; les peintres jules dupré et luminais ; les deux debay, sculpteurs ; etc


Divisions administratives. —


Le départe­ment de la Loire-Inférieure comprend cinq arrondissements qui se subdivisent ainsi :

Arrond. de Nantes...... 17 cant. 70 comm.

—            Ancenis..... 5 — 27    —

—           Châteaubriant 7 — 37    —

—            Paimbœuf... 5 — 26    —

—            Savenay..... 11 — 53    —

45 cant. 213 comm.

Dans l’ordre militaire, le département de la Loire-Inférieure forme la lre subdivision de la 15e division militaire dont le siège est à Nantes.

Dans l’ordre religieux, il forme le diocèse de Nantes, suffragant de l’archevêché de Tours ; ce diocèse compte 50 cures, 205 succursales, 170 vicariats rétribués par l’Êtat, un grand séminaire à Nantes, un petit séminaire à Nan­tes et à Guérande. On y compte 3 temples af­fectés au culte protestant, et une synagogue pour le culte Israélite.

Dans l’ordre judiciaire, il ressortit de la Cour impériale de Rennes, et la justice y est rendue par les 5 tribunaux de première instance sié­geant aux chefs-lieux d'arrondissement, et par le tribunal de commerce de Nantes.

Dans l’ordre universitaire, il dépend de l’Académie de Rennes, et ses établissements d'in­struction publique sont : un lycée à Nantes, 2 collèges communaux à Ancenis et à Paim­bœuf, une école normale d'instituteurs et un cours normal d'institutrices à Campbon, et 702 écoles publiques et libres. Les trois cin­quièmes des jeunes gens appelés pour le tirage au sort savent lire et écrire.

Description des villes. —

Voici les princi­pales localités du département de la Loire-Inférieure :

ARRONDISSEMENT DE NANTES.


nantes (111 956 hab.), préfecture et chef-lieu du département, est située sur la Loire, au confluent de l’Erdre et de la Sèvre, à 427 kilo­mètres de Paris. C'est une place de guerre, de troisième classe, et elle forme un sous-arrondissement maritime de l'arrondissement de Lorient; une longue suite de ponts relient entre elles les îles qu'entourent en cet en­droit les nombreux bras du fleuve ; la ville s'étend en grande partie sur la rive gauche de la Loire, et sa promenade de la Fosse, depuis la gare jusqu'à l'extrémité du port, a près de 4 kilomètres de longueur; ses autres promenades sont le cours Saint-Pierre, vaste esplanade située derrière la cathédrale, le cours Napoléon situé dans les riches quartiers de la ville et orné de la statue de Cambronne par Debay, le jardin des plantes transformé en parc anglais avec rivières, étangs, pelouses, serres et belles allées de magnolias; les nou­velles rues sont larges, bordées de hautes et belles maisons; sur la place Royale, on vient enfin de construire une fontaine d'une assez mé­diocre exécution,d'ailleurs; la place LouisXIV, à l'extrémité du cours Saint-Pierre, est dominée par une haute colonne que surmonte la statue du roi.

Nantes possède des édifices d'une grande va­leur d'art qui sont classés parmi les monuments historiques, tels que la cathédrale de Saint-Pierre , commencée au xive siècle, en pleine épo­que du gothique flamboyant, encore inachevée au XIXème et qui renferme le tombeau de Fran­çois II, chef-d'œuvre de la Renaissance dû au ciseau de Michel Columb; le château re­bâti presque en entier au xve siècle, ceint de hautes murailles et flanquées de tours énormes où se voit la chapelle transformée aujour­d'hui en poudrière qui servit au mariage de Louis XII et d'Anne de Bretagne; les ruines de la chapelle Renaissance de la Collégiale. En dehors des monuments historiques, il faut citer l'église Saint-Nicolas, récemment con­struite dans le style ogival, et qui, une fois achevée, sera un beau spécimen de l’architecture gothique du XIIIème siècle; l'église Sainte-Croix, surmontée d'un lourd campanile qui sert de beffroi; Saint-Louis, église moderne ornée d'une large coupole; l'église Saint-Clé­ment, en voie d'achèvement; Saint-Donatien, Sainte-Anne, la chapelle de l’immaculée-Concep­tion, etc. Parmi les édifices affectés aux services publics, on remarque la préfecture, installée dans l'ancien palais de la cour des comptes, bâti en 1763, le palais de justice, de construc­tion moderne et qui n'a aucune valeur archi­tecturale, la Bourse, sorte de temple grec bâti en 1809, le théâtre achevé en 1787, et l'un des plus beaux de France, le magnifique hôpi­tal de Saint-Jacques, principalement réservé aux aliénés, l'Hôtel-Dieu, récemment recon­struit sur de grandes proportions, les Salorges, vastes entrepôts réservés aux denrées colo­niales, la halle, l'abattoir, un temple protes­tant moderne d'un style douteux, etc.

Le port de Nantes occupe le 4e rang parmi les ports commerçants de la France, bien que Saint-Nazaire arrête maintenant les grands long-courriers auxquels la Loire — qu'il suf­firait de canaliser — n'offre plus assez d'eau. Son quai est sillonné sur toute sa longueur par le chemin de fer de Paris à Saint-Na­zaire, qui, à l'exemple des grandes cités amé­ricaines, traverse la ville entière; c'est là que le commerce importe des colonies 60 millions de kilogrammes de sucre, du café, du cacao, du riz des Indes, des bois de construction du Nord, des houilles des fers, du guano, de co­ton, des engrais divers, etc.; l'exportation comprend les sucres raffinés, les conserves alimentaires, les viandes salées, les maté­riaux de construction, les savons, les chan­vres, les tissus de laine, etc.


Les principaux établissements industriels de Nantes sont de magnifiques chantiers de con­struction pour les navires en bois et en fer du plus fort tonnage, des forges et fonderies ma­ritimes, des chaudronneries; des ateliers pour la construction des machines aratoires, des raffineries, des distilleries, des fabriques de conserves, des tanneries, des savonneries, des minoteries, etc.

Mais Nantes n'est pas seulement une ville in­dustrielle et cornmerçante , c'est une ville où les arts et les sciences ont pris droit de cité. Son musée est le premier musée départe­mental de la France ; il possède des tableaux de la plus grande valeur des écoles italienne, espagnole, flamande, française; son musée ar­chéologique et son muséum d'histoire na­turelle renferment de précieuses collections; sa bibliothèque est riche et soigneusement en­tretenue. A Nantes existent aussi des socié­tés académique, archéologique, industrielle, un cercle de beaux-arts, des écoles des sciences, des lettres, de médecine, de phar­macie, d'hydrographie, un conservatoire de musique, etc., qui témoignent de toute la sol­licitude de ses habitants pour les sciences et les arts.

Les chefs-lieux de canton sont : Aigrefeuille (1554 hab.), Bouaye (1397 hab.), Carquefou (2897 hab,), où se trouve le château de la Seilleraie, la Chapelle-sur-Erdre (2614 hab.)} où jaillit une source minérale froide, Clisson (2830 hab.) sur la Sèvre et la Moine, avec les ruines d'un château classées parmi les monu­ments historiques, Legé (4531 hab.), qui fait le commerce de noir animal, le Loroux (4195 hab.), Machecoul (3839 hab.), qui élève des chevaux, Saint-Philbert (3699 hab.), à l'extré­mité du lac de Grandlieu, Vallet (5346 hab.) qui produit des vins estimés, et Vertou (5706 hab.), qui possède des monuments druidiques.

Les principales communes de l'arrondisse­ment sont : Bouguenais (3719 hab.); Boussay (2203 hab.); Chanîenay (9066 hab.); la Cha­pelle-Basse-Mer (4586 hab.); Doulon (2669 hab.); Gètignè (2369 hab.) ; Indre (3660 hab.) ; le Lan-dreau (2030 hab.); Maisdon (2134 hab.); Montbert (2533 hab.); Orvault (2196 hab.); Rezé (7423 hab.) ; Saint-Colomb in (2395 hab.) ; Saint- Herblain (2607 hab.); Saint-Julien-de-Concelles (3832 hab.); Saint-Sébastien (2349 hab.); Sucé (2313 hab.) ; Vieillevigne (3622 hab.) ; etc.

ARRONDISSEMENT D'ANCENIS.

ancenis (4148 hab.), sous-préfecture et chef-lieu de l'arrondissement, est situé sur la rive droite de la Loire, que traverse un pont suspendu, et à 38 kilomètres de Nantes ; on y remarque les ruines d'un château fort détruit à la fin du xvie siècle, et une chapelle de l'an­cien couvent des Ursulines.

Ancenis élève des chevaux, des bestiaux, etc., exploite de la houille et fait le commerce du fer, des céréales, de la houille, du vinaigre, des engrais, etc.

Varades (3503 hab.), chef-lieu de canton, situé sur la rive droite de la Loire, possède des vignobles estimés et exploite des gisements de houille; on y voit des ruines du château de la Madelaine.

Les autres chefs - lieux de canton sont : Riaillé (2182 hab.), situé sur l'Erdre, où se trouvent les forges de la Provotière et de la Poitevinière, Sainl-Mars-la-Jaille (1886 hab.), qui fait le commerce des engrais et des bois, et Ligné (2607 hab.), où sont des mines de houille et des carrières de pierres calcaires.

Les principales communes de l'arrondisse­ment sont : Belligné (2237 hab.); le Cellier (2266 hab.); Couffè(2032hab.) ; Joué-sur-l’Erdre (2779 hab.); Mésanger (2863 hab.); Saint-Herblon (2757 hab.); etc.

ARRONDISSEMENT DE CHATEAUBRIANT.

Chateaubriant (4834 hab.), sous-préfecture et chef-lieu de l'arrondissement, situé sur la Chère, à 64 kilomètres de Nantes, est une petite localité encore entourée en partie de ses vieilles murailles; son château, bâti au XIème siècle, n'a plus qu'une porte et deux tourelles, classées parmi les monuments historiques ; son église paroissiale est un beau spécimen des édifices romans; son château neuf bâti en 1524 offre des parties intéressantes.

Châteaubriant a des fabriques d'étoffes, des confiseries d'angélique, des poteries, des tan­neries, et fait le commerce des bestiaux, des grains, des engrais, etc.

L'origine de cette localité remonte à 1015, époque à laquelle un sieur Briant, comte de Penthièvre, bâtit le château qui porte son nom. Depuis, la ville, fut érigée en baronnie; elle fut prise plusieurs fois par les troupes d'Henri IV, et appartint successivement aux familles de Laval, de Montmorency et de Bourbon-Condé.

Nort (5415 hab.), chef-lieu de canton, situé sur la rive droite de l'Erdre, sert d'entrepôt entre Nantes et les départements voisins de la Loire-Inférieure; sur cette commune sont si­tuées les mines de houille de Languin. On fait à Nort le commerce des bois, des engrais, des cuirs, de la houille, des briques, etc.

Les autres chefs-lieux de canton sont : Derval (2851 hab.), qui fait principalement le commerce des bestiaux, Moïsdon (2504 hab.), où sont les forges Neuve et de Gravotel, Nozay (3805 hab.), où se trouve la ferme école de Grand-Jouan, Rougé (2780 hab.), dont le territoire con­tient du minerai de fer, et Saint-Julien-de-Vouvantes (1990 hab.), où l’on fabrique de la chaux.

Les principales communes de l'arrondisse­ment sont : Abbaretz(2623 hab.); Erbray(2970 hab.); Héric (4691 hab.); Saffré (3455 hab.); Saint-Aubin-des-Châteaux (2213 hab.); Saint-Vincent-des-Landes (2005 hab.);Sion(2819hab.); Soudan (2586 hab.); les Touches (2119 hab.); Vay (3104 hab.); etc.


ARRONDISSEMENT DE PAIMBOEUF.

paimboeuf (3194 hab.), sous-préfecture et chef-lieu d'arrondissement, est situé sur la rive gauche de la Loire, à son embouchure, et à 50 kilomètres de Nantes. Cette ville a des corderies, des scieries à vapeur, des minote­ries, etc.., mais son port est maintenant pres­que entièrement abandonné pour celui de Saint-Nazaire.

Au commencement du xvme siècle, Paimbœuf n'était encore qu'un refuge pour les pêcheurs, mais, par sa position à l'entrée de la Loire, il acquit quelque importance que la création de Saint-Nazaire lui a fait perdre,

Les chefs-lieux de canton sont : Bourgneuf (2925 hab.), sur la baie de ce nom, où l’on ex­ploite des bancs d'huîtres et des marais salants, le Pellerin (1833 hab.), sur la rive gauche de la Loire, qui exporte du blé, des bestiaux, des roseaux, Pornic (1630 hab.), petit port sur l'Océan, avec bains de mer très fréquentés, et dont l'originalité disparaît de jour en jour, grâce aux villas d'assez mauvais goût qui l'encom­brent, et Saint-Père-en-Retz (3094 hab ), où l’on remarque des tombelles romaines.

Les principales communes de l'arrondisse­ment sont ; Arthon (2352 hab.); Le Clion (2161 hab.); Frossay (2726hab.) ; Rouans (2124 hab.); Sainte-Pazanne (2486 hab.); Saint-Jean-de-Boi-zeau (4365 hab.); etc.


ARRONDISSEMENT DE SAVENAY.


savenay (2879 hab.), sous-préfecture et chef-lieu de l'arrondissement, est situé en amphi­théâtre sur un coteau de la rive droite de la Loire, à 36 kilomètres de Nantes.Cette petite ville n'a aucun monument remarquable. On y fait le commerce des grains et des bes­tiaux.

C'est à Savenay qu'au mois décembre 1793, furent détruits les derniers restes de l'armée vendéenne, échappés à la défaite de Chollet.

Saint-Nazaire (18896 hab.), chef-lieu de canton, situé à l'embouchure de la Loire, est une ville de création moderne substituée à un pauvre bourg de pêcheur. Son bassin à flot, décrété en 1855, couvre une superficie de 10 hectares et demi, et ses quais sont sillon­nés par les derniers rails du chemin de fer de Paris à Saint-Nazaire; le mouvement maritime est devenu si important qu'un second bassin va être creusé pour suffire aux besoins de la navigation. C'est le port d'attache des paque­bots transatlantiques qui desservent le Mexique.

Guérande (6749 hab.), chef-lieu de canton, situé à 5 kilomètres de l'Océan, a conservé son aspect breton ; de vieilles murailles en granit, percées de quatre portes, l'entourent encore ; son église de Saint-Aubin, du xne siècle, est clas­sée parmi les monuments historiques; Notre-Dame-la-Blanche, les ruines d'un couvent de Dominicains, certaines maisons particulières, ses menhirs et ses dolmens, sont curieux à vi­siter. La principale industrie de Guérande est l'exploitation des marais salants qui sont con­sidérables.

Les autres chefs-lieux de canton sont : Blain (6865 hab.), sur le canal de Nantes à Brest, qui sert d'entrepôt aux bois de la forêt du Gavre, le Croisic (2416 hab.), petit port à l'extrémité d'une langue de terre, qui fait la pêche, exploite des marais salants, fabrique de la soude et des engrais de varech, et dont les bains de mer sont fréquentés, Guemèné-Penfao (5637 hab.), près du Don, Herbignac (3784 hab.), qui exploite des tourbières, Pontchdteau (4158 hab.), qui exporte des grains et des vins en gros, Saint-Étienne-de-Montluc (4874 hab.), qui fabrique du noir animal et fait principalement le commerce des vins, Saint-Gildas-des-Bois (2132 hab.), dont l'église, qui appartenait à une abbaye de Bénédictins, est classée parmi les monuments historiques, et Saint-Nicolas-de-Redon (1944 hab.).

Les principales communes de l'arrondisse­ment sont: Avessac (3210hab.); Batz (2998 hab.); Bouvron (3058 hab.); Campbon (4629 hab.); la Chapelle -des- Marais (2101 hab.); Cordemais (2684 hab.); Couëron (4508 hab,); Donges (3055 hab); Fay (4817 hab.); Fégréac (2942 hab.); Guenrouet (3344 hab.); Missillac (3453 hab.); Montoir (4527 hab.) ; Plessé (5 126 hab.); Saint-Joachim (4587 hab.); la Turballe (2842 hab.); Vigneux (3307 hab.); etc.