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Le buffet



C'est un large buffet sculpté : le chêne sombre,

Très vieux, a pris cet air si bon des vieilles gens.

Ce buffet est ouvert et verse dans son ombre,

Comme un flot de vin vieux, des parfums engageants.


Tout plein : c'est un fouillis de vieilles vieilleries,

De linges odorants et jaunes, de chiffons

De femmes et d'enfants, de dentelles flétries,

De fichus de grand'mère où sont peints des griffons.


C'est là qu'on trouverait les médaillons, les mèches

De cheveux blancs ou blonds, les portraits, les fleurs sèches

Dont le parfum se mêle à des parfums de fruits.


0 buffet du vieux temps, tu sais bien des histoires!

Et tu voudrais conter tes contes, et tu bruis

Quand s'ouvrent lentement tes grandes portes noires.


(Poésies.)     RIMBAUD





Les effarés



Noirs dans la neige et dans la brume,

Au grand soupirail qui s’allume,

Leur dos en rond


A genoux, cinq petits — misère ! —

Regardent le boulanger faire

Le lourd pain blond.


Ils voient le fort bras blanc qui tourne

La pâte grise et qui l ' enfourne

Dans un trou clair.


Ils écoutent le bon pain cuire.

Le boulanger au gras sourire

Grogne un vieil air.


Ils sont blottis, pas un ne bouge

Au souffle du soupirail rouge

Chaud comme un sein.


Quand pour quelque médianoche

Façonné comme une brioche

On sort le pain,


Quand, sous les poutres enfumées,

Chantent les croûtes parfumées

Et les grillons,


Que ce trou chaud souffle la vie,

Ils ont leur âme si ravie

Sous leurs haillons,


Ils se ressentent si bien vivre,

Les pauvres Jésus pleins de givre,

Qu' ils sont là tous


Collant leurs petits museaux roses

Au treillage, grognant des choses

Entre les trous,


Tout bêtes, faisant leurs prières

Et repliés vers ces lumières

Du ciel rouvert,


Si fort, qu' ils crèvent leur culotte

Et que leur chemise tremblote

Au vent d' hiver.


(Poésies. )

                                        RIMBAUD




Apparition


La lune s'attristait. Des séraphins en pleurs

Rêvant l'archet aux doigts, dans le calme des fleurs

Vaporeuses, tiraient de mourantes violes

De blancs sanglots glissant sur l'azur des corolles.

C'était le jour béni de ton premier baiser.

Ma songerie, aimant à me martyriser,

S'enivrait savamment du parfum de tristesse

Que même sans regret et sans déboire laisse

La cueillaison d'un rêve au cœur qui l'a cueilli.

J'errais donc, l'œil rivé sur le pavé vieilli,

Quand, avec du soleil aux cheveux, dans la rue

Et dans le soir, tu m'es en riant apparue,

Et j'ai cru voir la fée au chapeau de clarté

Qui  jadis sur mes beaux sommeils d'enfant gâté

Passait, laissant toujours de ses mains mal  fermées

Neiger de blancs bouquets d'étoiles parfumées.

(Poésies )  

                          


STEPHANE MALLARME

 




Le repas préparé



Ma fille, laisse là ton aiguille et ta laine;

Le maître va rentrer ; sur la table de chêne

Avec la nappe neuve aux plis étincelants

Mets la faïence claire et les verres brillants.

Dans la coupe arrondie à l'anse au col de cygne

Pose les fruits choisis sur des feuilles de vigne :

Les pêches que recouvre un velours vierge encor,

Et les lourds raisins bleus mêlés aux raisins d'or.

Que le pain bien coupé remplisse les corbeilles,

Et puis ferme la porte et chasse les abeilles....

Dehors le soleil brûle, et la muraille cuit.

Rapprochons les volets, faisons presque la nuit.

Afin qu'ainsi la salle, aux ténèbres plongée,

S'embaume toute aux fruits dont la table est chargée.

Maintenant, va puiser l'eau fraîche dans la cour;

Et veille que surtout la cruche, à ton retour,

Garde longtemps, glacée et lentement fondue,

Une vapeur légère à ses flancs suspendue.


  (Aux Flancs du Vase.)

                                           ALBERT SAMAIN




Ma bohème




Je m'en allais, les poings dans mes poches crevées.

Mon paletot aussi devenait idéal.

J'allais sous le ciel, Muse, et j'étais ton féal :

Oh là là, que d'amours splendides j'ai rêvées!

Mon unique culotte avait un large trou.

Petit-Poucet rêveur, j'égrenais dans ma course

Des rimes. Mon auberge était à la Grande-Ourse.

Mes étoiles au ciel avaient un doux frou-frou.

Et je les écoutais, assis au bord des routes,

Ces bons soirs de septembre où je sentais des gouttes

De rosée à mon front, comme un vin de vigueur;

Où, rimant au milieu des ombres fantastiques,

Comme des lyres, je tirais les élastiques

De mes souliers blessés, un pied contre mon cœur!     



                                   ( Poésies.)   


                                          RIMBAUD

 

La maison du matin



La maison du matin rit au bord de la mer,

La maison blanche au toit de tuiles rose clair.

Derrière un pâle écran de frêle mousseline

Le soleil luit voilé comme une perle fine;

Et, du haut des rochers redoutés du marin,

Tout l'espace frissonne au vent frais du matin.

                    Lyda, debout au seuil que la vigne décore,

                 Un enfant sur ses bras, sourit, grave, à l'aurore,

                      Et laisse, en regardant au large, le vent fou

                    Dénouer ses cheveux mal fixés sur son cou.

                        Par l'escalier du ciel l'enfantine journée                            Descend, légère et blanche, et de fleurs couronnée,

Et, pour mieux l'accueillir, la mer au sein changeant

                        Scintille à l'horizon, toute vive d'argent....

                       Mais déjà les enfants s'échappent; vers la plage

                Ils courent, mi-vêtus, chercher le coquillage.

En vain Lyda les gronde : enivrés du ciel clair,

                Leur rire de cristal s'éparpille dans l'air....

                      La maison du matin rit au bord de la mer.


  (Aux Flancs du Vase.)   

                                    ALBERT SAMAIN





Après trois ans



Ayant poussé la porte étroite qui chancelle,

Je me suis promené dans le petit jardin

Qu' éclairait doucement le soleil du matin,

Pailletant chaque fleur d' une humide étincelle.


Rien n' a changé. J' ai tout revu : l' humble tonnelle

De vigne folle avec les chaises de rotin...

Le jet d' eau fait toujours son murmure argentin

Et le vieux tremble sa plainte sempiternelle.


Les roses comme avant palpitent; comme avant,

Les grands lys orgueilleux  se balancent au vent.

Chaque alouette qui va et vient m' est connue.


Même j' ai retrouvé debout la Velléda,

Dont le plâtre s' écaille au bout de l' avenue,  

- Grêle, parmi l' odeur fade du réséda.


(Poèmes saturniens.)   

                                              


VERLAINE

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